Mon voyage au Népal

Publié le 1er novembre 2011


Mon voyage au Népal. Voilà qui pourrait faire un bon titre pour cet article. Mais, le problème, c’est que je n’aime pas ce mot, voyage, en Français. Je le trouve trop réducteur. Alors, que l’on me pardonne ce choix de lui préférer le mot anglais de « Journey », mais, après tout, le Népal n’est il pas anglophone ?

« Journey » donc, signifie voyage. Mais il y a aussi, selon moi dans ce mot une dimension plus spirituelle, plus profonde. Ce séjour au Népal, ça n’a pas été qu’une expérience « physique ». Bien sûr, je me souviendrai des sommets des Annapurnas émergeant un matin des nuages, des temples de Patan ou des chemins sinueux de Thaprek. J’ai des images plein mon appareil photo des superbes couleurs pendues à des temples, grands ou petits. Quant je parle du Népal, je parle de tout ça, de ces images, de ces couleurs, de ces montagnes bien sûr. Mais je parle aussi des rencontres que j’ai faites. Car là est selon moi la vraie force, la vraie dimension de ce petit périple sur le toit du monde.

Quant je parle du Népal, je veux parler de Kusun, une petite fillette de moins de 2 ans à Thaprek, qui à chaque fois qu’elle me voyait, joignait ses mains pour me dire bonjour et me souriait. Je veux parler de tous les villageois de Thaprek qui ont toujours su être si sympathiques et si accueillants avec moi. Je veux parler aussi de Muni Raj Gurung, le directeur de l’école, qui malgré parfois quelques problèmes de communication, a toujours été là pour moi durant ces trois semaines à Thaprek. Je veux pouvoir parler de Narayan et de ses élèves rencontrés à Pokhara, et qui étaient là pour passer le concours d’entrée à l’armée britannique, et de nos soirées au bord du lac à parler de nos pays respectifs. Je veux parler de mes guides à Patan et à Pashupatina, qui chacun à sa manière ont su me parler de leur pays et de leur vie.

Mais je veux aussi parler de ces enfants, de ces jeunes filles et de ces jeunes garçons à qui j’ai eu l’immense privilège de faire cours durant 2 semaines. Mon seul regret fut la brièveté du temps passé là haut, mais, las, même au Népal, même à l’autre bout du monde, les obligations de la France nous rattrapent.

Je ne dirai pas que j’ai pu apprendre beaucoup de choses à ces enfants. Comment le pourrait-on avec le retard pris en anglais ? Mais j’espère avoir pu leur enseigner qu’ils pouvaient parler en anglais avec des gens, qu’ils ne doivent pas avoir peur d’utiliser cette langue et venir parler avec des personnes venues d’ailleurs. C’est peu, mais j’espère que ces petites graines plantées dans leur conscience grandiront pour faire de belles pousses de curiosité et d’ouverture d’esprit.

Cependant, tout n’est pas rose, et je ne suis pas sûr d’avoir besoin de le dire. Beaucoup de choses restent à faire au Népal, tout le monde en a conscience. Mais si on me demande de toutes ces choses quelle est la priorité, je parlerai de la condition des femmes au Népal. Je parlerai pendant des heures de toutes ces femmes, adolescentes et fillettes, à l’esprit vif et éveillé.

Une autre chose me frappe quant je pense au Népal, et je me dois de le dire, bien que cela puisse faire un peu déplacé : c’est le travail accompli par HUBLO durant ces 10 années là bas, et le courage qu’il a dû falloir pour tout abandonner et se consacrer à ce pays. Pour avoir eu la chance d’observer son travail durant presqu’une semaine, il y a une chose à dire : Alain, tu fais beaucoup, beaucoup plus peut être que tu ne le penses, pour ces gens et pour ce pays, et je ne peux que t’admirer pour cela, au-delà de ce que tu as pu faire pour moi, de ta gentillesse et ta prévenance à mon égard.

Car, de manière étrange peut être, la rencontre qui m’aura le plus marqué dans ce voyage sera celle d’Alain. Je ne sais pas si je dois le qualifier de plus Népalais des Français ou de plus Français des Népalais aujourd’hui, mais le fait est bien là. Nos discussions furent souvent longues, jamais ennuyeuses et toujours passionnantes. L’expérience qu’il (que tu ? Je ne sais plus à qui je dois parler) a acquise au cours de ces années est précieuse et je saurai toujours me souvenir de tes conseils et histoires pour la suite de ma vie, tant privée que professionnelle. Alors, pour tout ça, pour ce que tu m’as apporté, pour ce que tu apportes à ce pays et aussi à cette association, je ne peux que te dire : Merci.

Voilà, au final, résumé, une expérience bien particulière, une façon de voyager et de voir un pays d’une manière décalée mais au combien enrichissante. J’ai vu des paysages magnifiques, j’ai été au contact d’une civilisation peu connue mais tellement riche, j’ai fais des rencontres qui m’ont fait me questionner sur ma vie et sur celle que nous menons en France, j’ai commencé, un peu, à apprendre un métier. Au final, j’ai gagné de la hauteur en allant au Népal, et non pas seulement physiquement.

Alors, pour tout cela, et plus encore, je voudrais remercier l’association Epicéa de m’avoir envoyé au Népal, et tout spécialement Christiane ARAQUE pour le travail formidable qu’elle peut faire. Je voudrais aussi remercier Arlette et Gérard QUARANTE sans lesquels je n’aurai jamais pu entendre parler de cette organisation. Je voudrais remercier encore une fois Alain, mais aussi Uma, pour leur accueil chaleureux et tout le travail qu’ils font au Népal. Et enfin, je voudrais vous remercier vous tous, adhérents et parrains d’Epicéa, dont les dons aident ces enfants à avancer vers un meilleur avenir.
Merci.

Julien GUILLAUME

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