Entretien avec Dr R. Koirala le 31-01-2011

Publié le 9 février 2011


Entretien réalisé par HUBLO (HU) auprès du Dr RameshKoirala (Dr RK)

HU : avez-vous les machines ?
Dr RK : Les deux machines ont été achetées ainsi que les 200 premières bandes test. Le tout financé par le Dr Koirala et le Dr Anil (environ 2000 euros) incluant un ordinateur portable pour la personne faisant les tests afin de tout enregistrer sur place.

HU : Mon interrogation porte sur les 500 roupies estimées pour le coût du test en local et sur les avantages pour le patient.
Dr RK : : Le Docteur a précisé que sur ces 500 roupies, il estime entre 50 à 75 roupies de marge. Car il faut inclure toutes les dépenses.
Le matériel a été acheté par les deux docteurs et ils récupèreront leur argent sur cette marge mois par mois. Il s’agit a dit le Dr de faire bénéficier aux patients d’une facilité évidente : plus besoin de venir à Katmandou pour faire faire ce test. Et économie aussi financière : un patient qui vient de loin (comme Dilli Ram Pangalli cf ci-dessous) a plus d’une journée de bus pur arriver à Katmandou.
Il doit se nourrir le long du trajet et se loger à Katmandou. Puis faire le chemin en sens inverse pour rentrer chez lui. Et cela tous les trois mois. Coût : bien au-delà de 500 roupies. Pat ailleurs, notre programme envisage un test tous les mois, voire bi mensuels.
En aucun cas dit Dr Raamesh Koirala, il ne s’agit d’une affaire commerciale.

Si à terme, des bénéfices étaient réalisés via ce programme, nous utiliserions les fonds pour faire des opérations gratuites pour les patients les plus nécessiteux par exemple. Pas à des fins personnelles.

HU : et pour l’avenir ?
Dr RK : : Si on augmente le nombre de patients vus, sachant qu’au départ ce sont 500 patients visés par le programme, alors on pourra sans doute faire des économies d’échelle. Surtout si un donateur, comme EPICEA, participe à l’achat des bandes par exemple. A terme, l’idéal serait que les patients bénéficient de ce programme gratuitement. Mais il n’en reste pas moins que tout travail mérite salaire. Les personnels envoyés sur place, doivent être rémunérés, nourris et doivent se loger sur place. Donc il y a des coûts et la gratuité semble illusoire. Mis une réduction du coût est possible.

Pour les six premiers mois, le Docteur parle de 500 patients et de 0% de « bénéfice » car il faudra d’abord récupérer les fonds investis. Ensuite, le programme pourrait monter en puissance et viser des milliers de patients.
Si les bandes ne sont plus à acheter mais fournies par un donateur (soit en donnant des bandes obtenues gratuitement auprès des labos, soit en réglant la facture) alors le coût du test serait revu à la baisse.

HU : avez-vous confirmation de la gratuité des médicaments ?
Dr RK : : Pour l’instant le labo pharmaceutique s’este engagé à fournir 25% des médicaments gratuitement. La dose pour 1 semaine sera dont fournie gratuitement au patient qui devra par contre acheter la dose pour les trois autre semaines (considérant que 4 semaines s’écoulent entre chaque test).

HU : en avez-vous parlé aux patients reçus actuellement à Gangalal ?
Dr RK : : Le Dr Raamesh Koirala précise qu’il a réalisé un sondage auprès des patients qui se rendent actuellement a l’hôpital de Katmandou pour faire faire ce test PT/INR. Tous, à l’unanimité se sont félicités d’une telle initiative qui permettrait de faire les tests en local et évitera des fatigues intenses pour des gens opérés du cœur.

HU : Docteur un tel test ne pouvait être réalisé actuellement en local au Népal ?
Dr RK : : Si, certains patients s’y sont risqués et ont fait faire leur test dans une pharmacie locale mal équipée. Cela s’est toujours traduit par des catastrophes : car qui dit mauvais test dit mauvais dosage du médicament et ensuite souvent hémorragie (fuite de sang par les valves). Et décès des patients (cf. d’ailleurs le cas de Roshani Banu rencontrée ici à Ktamandou et morte en un quart d’heure, 48 heures après avoir été vue à Gangalal qui lui avait prescrit un nouveau dosage. A priori mauvais prise des médicaments et décès deux jours plus tard).

HU : existe-t-il le moindre risque pour le patient ?
Dr RK : : les machins achetées sont certifiées CE et FDA et ont recommandées comme les meilleurs par le Forum Anti coagulation des USA. C’est un test totalement sécurisé pour le patient.

HU : quelle garantie au succès du programme ?
Dr RK : : laissons faire les choses et on avisera. Mais vous savez, vous pouvez déjà dire à vos amis français qu’ils sont les bienvenus sur place pour assister à une séance de consultations dans le cadre de ce programme PT INR. Nous tenons à ce que tout soit clair.

HU : début du programme ?
Dr RK : : 19 février 2011.

NB HU : pour votre info j’ai rencontré ici à Katmandou, dimanche 30 janvier, Dilli Ram Pangali (cf photo ci jointe) de Parbat. Le point de RV était devant le Malla Hôtel .Quand il m’ a vu, il s’est mis à genoux et a beni mes pieds, sous le regard médusé des passants.
De même pour Uma. Nous lui avons expliqué que nous lui devons le respect du fait qu’il est plus âgé que nous. Il a rétorqué que nous étions ses Dieux. Il est venu de Parbat pour faire faire son contrôle PT/INR. Il a quitté Parbat le samedi matin en bus, est arrivé à Katmandou le dimanche matin sans avoir dormi. A Katmandou, il loge chez un étudiant de Parbat qui fait ses études dans la capitale. Lundi il devait voir le chirurgien et faire son test PT INR et recevoir son nouveau dosage. Ensuite, chemin retour en sens inverse soit une journée plus une nuit en bus, sans dormir.

C’est pour éviter cela que le programme PT INR est proposé.

Je préconise que vous preniez contact avec les laboratoires pharmaceutiques Roche pour savoir s’il serait prêt à supporter ce programme en fournissant via EPICEA des bandes gratuitement. Notre participation au programme pourrait se faire en achetant les bandes ici si on ne peut les avoir gratuitement.